3 questions à India et Didier Lefort, architectes et associés au sein de l’agence DL2A

« Un bon design ne se démode pas », expliquent les architectes India et Didier Lefort. © DR

Vous participez à l’édition 2026 du salon EquipHotel, pour lequel vous avez imaginé le « Lounge presse ». Quelles ont été vos sources d’inspiration et à quoi va ressembler cet espace de quelque 340 m2 ?

India et Didier Lefort : L’idée consiste à créer un extérieur en intérieur et de s’inspirer du luxe de l’intérieur et de son grand confort pour l’amener à l’extérieur. Nous avons donc travaillé cet espace de 339 m2 comme une forme architecturale, incarnée par un paravent, derrière lequel se dévoile une architecture d’intérieur. Plusieurs zones se côtoient dans une totale harmonie, à l’instar du lounge, où l’on peut s’allonger, des tables hautes prévues pour boire et se restaurer – situées au centre de l’espace, comme une place de village –, ou encore du lobby, pourvu de canapés bas. Nous avons également pris le parti d’intégrer de l’art, avec une scénarisation comme dans un musée. À cela s’ajoutent deux gros arbres à l’entrée, pour créer un effet de surprise, mais aussi des jeux de matières, de lumières, de couleurs et de motifs. Ces derniers représentent un paysage évolutif au gré des heures de la journée et de la déambulation dans l’espace. De grands rideaux vont également contribuer à la douceur de l’atmosphère générale, tout comme les nuances et dégradés peints sur le bar par l’artiste Antonin Lamoot.

Vous avez réalisé de nombreux hôtels en France et à l’international. L’hôtellerie – de luxe en particulier – est un secteur que vous connaissez bien. Selon vous, quelles sont les attentes des voyageurs aujourd’hui dans un hôtel ?

India et Didier Lefort : Elles ont évolué pour bon nombre de raisons. À commencer par l’âge des voyageurs. Ils sont plus jeunes qu’avant – y compris dans des hôtels de luxe –, ils séjournent à l’hôtel avec des enfants et dans une logique de télétravail – avec leur ordinateur –, ils veulent se sentir à l’aise – en jeans-baskets – et vivre comme chez eux. L’hôtel se fait multigénérationnel. Il faut penser à créer des kids club, des espaces pour s’isoler et travailler, d’autres pour se retrouver et s’amuser, des piscines « calmes », d’autres dédiées aux enfants… La seule chose qui ne change pas : c’est le service, dont la qualité reste primordiale, en particulier dans le luxe. Mais il faut aussi intégrer une offre wellness, du sport – signe de différenciation fort dans un hôtel – et veiller à l’intemporalité d’une déco comme à la pérennité du mobilier – d’où l’importance de dessiner des meubles et des luminaires, pour donner une identité propre à un établissement –. Et ce d’autant qu’un bon design ne se démode pas. Par ailleurs, plus l’hôtel s’implante en terre inconnue ou autre site difficile d’accès, plus il est exclusif. L’hôtel devient une véritable destination.

Quels sont les projets hôteliers sur lesquels vous travaillez actuellement ?

India et Didier Lefort : Nous venons de terminer un hôtel sur l’ile de Principe : il s’agit d’une réhabilitation de propriétés agricoles portugaises. À Essaouira, nous travaillons sur un nouveau Club Med et un boutique hôtel. En Malaisie, nous planchons sur l’extension de l’hôtel The Datai Langkawi, établissement dont la rénovation nous avait permis d’être lauréat du « Prix Versailles 2019 ». À Kuala Lumpur, nous avons un projet d’extension et de réhabilitation d’une maison coloniale située au milieu d’une forêt tropicale, qui surplombe les gratte-ciels de la ville. Il s’agit d’un site protégé où nous n’avons pas le droit de couper un seul arbre... Enfin, l’hôtel Ritz Carlton sur l’île de Taa, en Polynésie française, est en étude.

«En Malaisie, India et Didier Lefort planchent sur l’extension de l’hôtel The Datai Langkawi, établissement dont la rénovation leur avait permis d’être lauréat du « Prix Versailles 2019». © DR